Histoire de Roanne ( des origines à nos jours)

Héraldique


           
Les armes de Roanne se blasonnent ainsi :

D'azur, à un croissant d'argent surmontée de la croix de la Légion d'honneur. En 1864, la Légion d'honneur fut octroyée par Napoléon III à la ville pour sa résistance aux Autrichiens en 1814.

Ce blasonnement est connu depuis 1663 (sans la Légion d'honneur). Cependant, un autre blason est cité : D'argent, au chevron de gueules chargé d'une merlette d'or.

Il est permis de voir dans le croissant un bateau stylisé, évoquant la vocation batelière ancestrale de Roanne. Ce motif du croissant se retrouve dans le blason de Saint-Jean-Saint-Maurice-sur-Loire, ancienne cité de bateliers dominant les gorges de la Loire, à quelques kilomètres en amont de Roanne.

La devise de Roanne est Crescam et Lucebo : Je grandirai et je brillerai / resplendirai.

Des Origines aux grandes invasions

La fondation de Roanne remonte plus sûrement selon les historiens entre le IIe et Ie siècles av. J.-C..

La région de Roanne est occupée par les Segusiaves à l'époque de la conquête de la Gaule par César.

Après les invasions romaines, un à deux milliers de gaulois, quittent Joeuvre et Saint-Maurice-sur-Loire pour s'installer en plaine.

Rodumna apparaît dans les textes romains sur la table de Peutinger sous la forme "Roidumna".

La poterie était une activité importante de cette époque. On a retrouvé dans le quartier du château des fours gallo-romains pour certains remarquablement conservés et visibles sur demande à l'école de Musique.

Là où la Loire s'apaise au sortir des gorges de granite et porphyre on a bien compris la situation stratégique de Roanne en créant de nombreuses voies de circulation.

On installe le cœur de la cité dans le quartier de la Livatte. Il est entouré de murailles, d'un côté par la rue Fontenille et la rue de Charlieu, de l'autre par la rue Bourgneuf et la rue de la future sous-préfecture.

Le musée Joseph Déchelette conserve de cette époque de nombreux objets (poteries, céramiques, pièces d'or, bijoux, urnes funéraires) ; Selon l'usage les multiples voies qui se croisent à Rodumna sont bordées de tombeaux qui nous renseigneront sur cette période gallo-romaine.

Après une existence de quatre siècles, Rodumna est détruite par des barbares.

Au IIe siècle, la ville décline. À partir de là les historiens perdent peu ou proue la trace de Rodumna, jusqu'au Moyen-Age.

Le moyen âge

La ville n'est plus qu'un pauvre petit bourg divisé en deux agglomérations, Fontenille et le Château en raison du château fort construit par les seigneurs de Roanne. Le château reste le plus ancien monument de la ville. Il abrite aujourd'hui l'office de Tourisme.

Vers la fin du XIIe siècle, la famille des seigneurs tombe. Deux branches se partagent la succession:

D'un côté les comtes de Forez qui administrent une partie de la ville par la justice et les impôts.

De l'autre côté, la famille de la Perrière qui fait construire vers 1343 près du château ce qui deviendra l'église Saint-Étienne.

Un siècle plus tard sous Henri IV, la ville s'est agrandie grâce aux nombreux voyageurs et commerçants de passage. On compte quatre quartiers.

Terres Françaises (en bleu)

Terres d'Empire (en rouge)

17 ème et 18 ème siècle

Durant la Renaissance, Roanne est une ville moderne avec près de 7 000 habitants. En 1610 les jésuites et le père Cotton fondent un collège, aujourd'hui le lycée Jean Puy.

Les capucins s'établissent dans un couvent sur l'actuelle place de l'Hôtel de Ville. Les ursulines s'installent dans ce est devienu en 1820 le Palais de Justice.

Le Roannais est érigé en duché en faveur de Artus Gouffier de Boissy, puis de François d'Aubusson de la Feuillade.

Les puissantes corporations ouvrières des mariniers, et des charpentiers, tout en défendant leurs intérêts accompagnent le développement et la prospérité de la ville jusqu'à l'apparition de l'industrie au XVIIIe siècle.

La classe dirigeante, la bourgeoisie et la noblesse sont très présentes à l'image de Nompère de Champagny et Pierreffite, duc de Cadore et ministre de Napoléon Ier.

Vers 1762, la région roannaise se spécialise dans la filature et le tissage du coton qui emploie les enfants pauvres de la maison de Charité.

On construit à Roanne le premier port sur la Loire pour transporter le charbon arrivant de la région de Saint-Étienne.

Des mariniers indépendants exploitent ce qu'on appelle des "cabanes" ou "coches de Loire" (sortes d'embarcations à voile) avec des voyageurs parfois célèbres comme Madame de Sévigné ou le duc de Richelieu. Ils peuvent rejoindre Paris par le canal de Briare. Arrivées à bon port ces embarcations sont souvent détruites et le bois vendu (le fleuve n'étant navigable que dans un sens).

Révolution Française

Le 9 septembre 1792, une troupe de vétérans, de grenadiers et de gardes nationaux, venant de Lyon où ils ont massacré six officiers du 5e régiment de cavalerie et trois prêtres, avaient l'intention de faire subir le même sort aux cent détenus de la prison de la ville. Le maire de Lyon, Louis Vitet, est arrivé avec trois bataillons de gardes nationaux lyonnais et réussit à empêcher cette répétition des massacres de septembre à Roanne.

Le XIX ème et les grands travaux

Après la Révolution de 1789, la ville s'organise et installe les diverses administrations dans les biens religieux confisqués: La mairie dans la maison des Capucins ou le Tribunal dans le couvent des Ursulines.

Le principal commerce se fait par la Loire. On construit des bateaux grâce aux bois légers des Monts environnants. On expédie les vins de la côte roannaise, les toiles d'Amplepluis et de Thizy ou le coton filé.

Face à la demande croissante de l'industrie et du transport de charbon, la Loire devient insuffisante. Pour améliorer la capacité de transport on décide la réalisation de grands travaux:

Jusque là, la Loire s'écoule à Roanne, en deux bras:

    * Un lit principal à gauche, où se trouve la place de la Loire le long de la Chapelle Saint Nicolas du Port,


    * Un lit secondaire à droite assez marécageux sur l'actuel tracé. Au milieu de ces deux bras, une île, "L'isle en Beaujolais" - côté de la rive rattachée à la province du Beaujolais - compte quelques maisons dont certaines furent détruites comme la Chapelle St. Nicolas de l'Isle (1880), et d'autres qui subsistent encore comme l'Auberge Saint Nicolas .


Ainsi depuis 1634, les deux bras du fleuve étaient reliés par deux ponts de bois souvent détruits par les crues qui envahissent la ville (voir photo ci-dessus).

Devant l'ampleur des travaux envisagés, après d'importantes tergiversations et autres retards dus à la crue de 1790 les plans de l'ingénieur De Varaigne sont finalement acceptés. Le chantier débute en 1792

Une digue destinée à dévier le fleuve par le seul bras droit est mise en place. Le pont de pierre sur la Loire ou "Pont du Coteau" est construit sur le bras droit et achevé en mai 1834.

Entre-temps, deux banquiers roannais, Devillaine et Merle s'associent à quatre confrères helvétiques au travers de la "Société Franco-Suisse". Ils s'installent avec François Populle dans ce qui est aujourd'hui la sous-préfecture, d'où le nom de "carrefour helvétique" donné à l'intersection des actuelles rues Jean-Jaurès et Anatole France. En face à cet endroit se trouvait aussi jadis le "café helvétique".

Le bâtiment de la sous-préfecture fut construit en 1770 par l'Architecte Lyonnais Jean-Antoine Morand, pour l'intendant Jacques de Flesselles. De son passé de banque, l'hôtel conserve toujours une chambre forte encore en place dans les murs sous le grand escalier d'honneur.

Pie VII se rendant au sacre de Napoléon 1er, Napoléon, la Duchesse d'Angoulême et autres célébrités historiques y séjournèrent[3].
Le canal du bassin de Roanne en 1884 où transitaient par train de nombreuses marchandises et le charbon

Les banquiers obtiennent en 1827, la concession du canal latéral Roanne-Digoin. Ce dernier est creusé sur le bras gauche de la Loire et achevé en 1837. En 1838, on aménage le port et les rives.

Jusqu'en 1858, le port de Roanne est le deuxième port français. 250 000 bateaux (les "rambertes") transitent en provenance de Saint-Rambert. Il transportent 12 millions de tonnes de charbon, acheminés vers Orléans, Paris et l'estuaire.

Au début du XXe siècle, le port compte 600 000 tonnes de matériaux transportés : charbon, vins, huiles, tissus, briques et tuiles, etc. Son fret atteint son apogée en 1917.

L'ingénieur Léonce-Abel Mazoyer est chargé de la modernisation du port de Roanne et de sa desserte ferroviaire de 1890 à 1905. Un viaduc sur la Loire construit en treize mois est inauguré en 1858.

Roanne ayant refusé l'entrée du chemin de fer dans la ville, c'est sa voisine du Coteau qui est desservie par le chemin de fer depuis le 15 mars 1833, avec la liaison d'Andrézieux-Bouthéon, 3ème ligne de France.[4]

Une nouvelle voie ferrée en direction de Paris par le nord et Saint-Germain-des-Fossés est achevée le 7 juin 1858. La gare construite par la compagnie du Paris Orléans, est mise en service par le P.-L.-M. à la même date.

Entre 1874 et 1918, on remblaie l'ancien lit principal et on aménage la place de la Loire avec les matériaux de démolition de la ville.

Le pont sur la Loire est pavé en 1889. Le tramway (voir sur la photo, suivi de la voiture "Buffalo") est installé en 1901. En 1909, les câbles électriques destinés à alimenter Roanne sont installés depuis l'usine de Pincourt du Coteau.

Après le tramway, et le tacot du faubourg Mulsant, les premières automobiles feront leur apparition vers 1934. Pour faire face à l'évolution de la circulation le pont a depuis été élargi.

En 1983, un nouveau pont rocade (N7) sur la Loire permet le contournement de la ville.


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